07 août 2008
Monsieur double W
Quand je s’rai grande
J’me marierai avec Willy Wonka
Ce sera merveilleux et étrange
On habitera
Dans sa fabrique de chocolats
On sera bien juste nous, lui et moi
Et on vivra
Dans sa prairie d’herbe qui se mange
Où poussent des arbres dont le feuillage
Est en nougat
On y cueillera des fleurs aux pétales
De barbapapa et des champignons
Doucement fondants
De vraies fraises parfumées, un régal
Des cailloux multicolores en bonbons
Très pétillants
Notre maison sera comme à Noël
En pain d’épices nappée de glaçage
Il me dira
Tu es mon bel ange en sucre d’orge
Je l’appellerai mon ours en caramel
Notre travail
Ce sera d’inventer des sucreries
Des sucettes qui apprennent le japonais
Des pastilles
Qui font pousser des ailes des deux côtés
Des réglisses fluorescentes dans la nuit
A grignoter
En cas de panne d’électricité
De la guimauve aux goûts inédits
Feuille de lierre
Ile flottante, coco verte, jasmin
Confiture de brume et nain de jardin
Quand je s’rai grande
J’me marierai avec Willy Wonka
Ce sera merveilleux et étrange
On habitera
Dans sa fabrique de chocolats
On sera bien juste nous, lui et moi
Bienvenue chez
Moi, me voilà, je suis Madame Wonka
17 juillet 2008
La Maison Rose au bout du chemin
La lourde porte en bois s’est refermée
Dans un claquement vibrant
Sur sa poignée de laiton
Et son heurtoir en forme de tête de lion
Dernières empreintes de pieds
Sur le seuil en pierre rose
Un dernier regard pour tout embrasser
Des mosaïques multicolores, quatre chambres, deux corridors, trois salles de bain
Un lavabo coquillage rococo, une vitrine pour les plus beaux verres à vin,
Deux sœurs qui jouent et se chamaillent, un vieux pommier, un siamois et quelques chiens
Les échos d’une famille très ordinaire ont quitté les murs vendus ce matin
Des pas claquent dans l’escalier en bois
As-tu fini tes devoirs ?
Il y a une peinture de chat
Noir et blanc dans les p’tites toilettes du bas
A la salle télé c’est l’heure
De regarder Dorothée
Sous la poutre, dans le grand canapé
Des mosaïques multicolores, quatre chambres, deux corridors, trois salles de bain
Un lavabo coquillage rococo, une vitrine pour les plus beaux verres à vin,
Deux sœurs qui jouent et se chamaillent, un vieux pommier, un siamois et quelques chiens
Les échos d’une famille très ordinaire ont quitté les murs vendus ce matin
Des disputes et un appareil dentaire
Une famille dans une cuisine
On cause résultats scolaires
Entre confiture, beurre et tartines
Et dans la salle à manger
La longue table en bois foncé
Témoigne tant de fêtes défilées
Des mosaïques multicolores, quatre chambres, deux corridors, trois salles de bain
Un lavabo coquillage rococo, une vitrine pour les plus beaux verres à vin,
Deux sœurs qui jouent et se chamaillent, un vieux pommier, un siamois et quelques chiens
Les échos d’une famille très ordinaire ont quitté les murs vendus ce matin
Des raisinets, des figues, et des cerises
Poussent au creux du jardin
Croqués avec gourmandise
Par deux petits blondinets bien mutins
Leurs machines en plastique
Abandonnées près du sable
On mange à l’ombre sur la petite table
Des mosaïques multicolores, quatre chambres, deux corridors, trois salles de bain
Un lavabo coquillage rococo, une vitrine pour les plus beaux verres à vin,
Deux sœurs qui jouent et se chamaillent, un vieux pommier, un siamois et quelques chiens
Les échos d’une famille très ordinaire ont quitté les murs vendus ce matin
La lourde porte en bois s’est refermée
Dans un claquement vibrant
Sur sa poignée de laiton
Et son heurtoir en forme de tête de lion
Dernières empreintes de pieds
Sur le seuil en pierre rose
Un dernier regard pour tout embrasser
10 mars 2008
Le monde bouillonne
Le monde bouillonne de créations
Elles flottent autour de la terre
S'invitent comme des démangeaisons
Quand elle tournent dans l'atmosphère
Attendent d'entrer en collision
Avec des cerveaux bien ouverts
J'ai la tête si pleine
Pleine de quotidien
Pleine de pollutions
De vaines discussions
Pleine de bruit pour rien
Chaque jour s'enfile sans écart
Terne perle de pacotille
Le monde bouillonne dans leurs regards
Je dilapide mon énergie
Une serpillère en étandard
Métro, boulot, médias, famille
J'ai la tête si pleine
...
Femmes artistes d'ici et d'ailleurs
Je me nourris de vos chansons
De vos tuniques brodées de fleurs
Je puise dans votre giron
La sève qui sauvera mon coeur
Chez vous je suis à la maison
J'ai la tête si pleine
...
24 juillet 2007
Mes petits hommes
Mes petits hommes
Il y a eu la première fois que je vous ai vus
Petits haricots sur fond bleu d’échographie
La première fois que je vous ai sentis bouger
Petits papillons qui de vos ailes me touchiez
Mes larmes quand votre premier cri a retenti
Et quand enfin dans mes bras je vous ai tenus
La toute première fois que vous m’avez souri
A moi, vraiment à moi et pas aux petits anges
La première sieste qu’on a faite à la maison
Vos joues contre mon cœur et mon nez sur votre front
Toutes les fois que de baisers je vous mange
Et la première fois où vos rires ont retenti
La fois où vous avez eu votre première fièvre
Vos dents, vos bosses, vos bleus et vos écorchures
Quand vous vous êtes mis les deux pieds debout
Puis vous vous êtes lâchés pour marcher vers nous
La fois où on a acheté vos premières chaussures
Toutes les nuits où il a fallu qu’on se lève…
La première fois que vous avez dit « maman »
Quand on a fait un gâteau aux pommes ensemble
L’odeur de bébé qui se cache dans vos cous
La première fois qu’on a lu un livre tout doux
Quand on m’a dit « alors, qu’est-ce qu’il vous ressemble ! »
Chaque fois que vous me regardez tendrement
La première fois que vous avez goûté une fraise
Je revois la lueur dans vos grands yeux gourmands
Quand vous avez soufflé votre première bougie
Il y a eu votre premier jour de garderie
Ca a été sacrément bizarre pour maman
Et vos premiers chefs-d’œuvre en pâtes ou en terre glaise
Il y a eu toutes les fois, chaque fois, la première fois
Il y aura toutes les fois, chaque fois, vos premières fois
20 mai 2007
Soyons tendance !
Soyons tendance !
Cette saison la jambe se porte
Longue, fine et bien galbée
Le sein est haut, la fesse est ferme
Ni plate, ni cellulitée
Mesdames et mes p’tites demoiselles
Pour plaire à l’homme
Soyez tendance
Courez, nagez, croquez des pommes
Sinon vous s’rez pas dans la danse
Cette saison, la peau est clean
Pas de boutons ou d’comédons
Arrachez l’poil à la racine
Et pis les rides, ça fait vieille peau
Mesdames et mes p’tites demoiselles
Pour plaire au mâle
Soyez tendance
Sortez vos crèmes, épilez vos aisselles
Sinon vous s’rez pas dans la danse
Cette saison, montrez vos dents
La mode est plutôt au bonheur
Pour rencontrer le Prince Charmant
R’noncez aux anti-dépresseurs
Mesdames et mes p’tites demoiselles
La vie à deux c’est tellement mieux
Soyez saines et équilibrées
Soyez gentilles, souriez, souriez !!
Cette saison soyez sexy
Faut être une diva du lit
Entreprenante et sensuelle
Sans être trop chienne ou trop pucelle
Mesdames et mes p’tites demoiselles
Pour vos orgasmes
Soyez tendance
Clito, point G ou femme fontaine
Sinon vous s’rez pas dans la danse
Mesdames et mes p’tites demoiselles
Continuez à être tendance
Pendant que vous vous maquillez
La terre continue de tourner
17 mai 2007
Les anges gardiens
Les anges gardiens
Dans ma gorge il y a une boule
Qui ne laisse pas crier ma voix
Faudrait pourtant que je défoule
Ce qui s’étouffe en moi
A chaque matin qui revient
L’étau en serrant me retient
Tas de cailloux sur un chemin
Qui ne mène à rien
Chauffe l’étincelle
Au creux de mes mains
Et mes joues se frôlent
Aux plumes des ailes
Tu t’es assise encore une fois
Sur ce banc vert et tu l’attends
Celle que tu rêves faite pour toi
En attendant ben toi t’as froid
Et tu souffles sur tes doigts
Tes joues coulent doucement
Du trop vide que t’as là-dedans
Du trop seule qui t’étouffe autant
Chauffe l’étincelle
Au creux de tes mains
Et tes joues se frôlent
Aux anges gardiens
Nous avons pourtant essayé
De ne pas trop nous étouffer
Mais ce nous était trop étroit
Et trop vaste à la fois
Dans cet univers étriqué
Il manquait un toi et un moi
Laissons-nous un peu exister
Chacun de notre côté
Chauffe l’étincelle
Au creux de nos mains
Et nos joues se frôlent
Aux plumes des ailes
Chauffe l’étincelle
Au creux de nos mains
Et nos joues se frôlent
Aux anges gardiens
Laissons nos chagrins
Pour une vie plus belle
Chauffons l’étincelle
Au creux de nos mains
Tous les 5 ans
Tous les 5 ans
On se rencontre par hasard
Sur un petit bout de trottoir
On se dit « tchô c’est incongru
Ça fait une paye qu’on s’était pas vu ! »
Alors tu fais quoi dans la vie ?
Ta formation, tu l’as finie ?
Les copains d’un autre temps
Qu’on croise tous les 5 ans
Nous rappellent
Que le temps passe
On a quand même changé un peu
Y en a qui perdent leurs cheveux
On a un peu changé de look
On a rangé nos vieux Eastpack
Troqué nos vieilles Docks à trous
Pour des chaussures pointues au bout
Les copains d’un autre temps
Qu’on croise tous les 5 ans
Nous rappellent
Que le temps passe
On se raconte ce qu’on devient
Les grandes lignes parce qu’on sent bien
Que la complicité d’avant
Elle revient pas spontanément
On se raccroche aux souvenirs
Les profs du gymnase et les rires
Les copains d’un autre temps
Qu’on croise tous les 5 ans
Nous rappellent
Que le temps passe
Et nous revient d’un autre temps
L’histoire d’un amoureux d’avant
Un premier qui avait compté
Mais que la vie a envolé
Avec ce qu’on était alors
Fragiles cœurs d’adolescents
Les copains d’un autre temps
Qu’on croise tous les 5 ans
Nous rappellent
Que le temps passe
On s’échange un numéro
Un e-mail qu’on note au dos
D’un ticket d’bus ou d’la Migros
On se promet qu’on va s’appeler
Qu’on pourrait même organiser
Une grande fête comme on faisait
Les copains d’un autre temps
Qu’on croise tous les 5 ans
C’est plus les mêmes que maintenant
Mais on leur garde une place
Les zangoisses
Les zangoisses
Quand je sors de chez moi
J’peux pas m’en empêcher
C’est viscéral
J’suis obligée de vérifier
Trois fois si les plaques sont allumées
Si je vais à la cave
J’peux pas m’en empêcher
C’est viscéral
L’escalier doit être éclairé
On sait pas c’qu’on peut y rencontrer
Mais qu’est-ce qui cloche ?
Qu’est-c’qu’y a dans ma foutue caboche ?
Ça y est j’ai l’cœur qui croasse
C’est encore mes putain d’angoisses
Une ambulance passe
J’peux pas m’en empêcher
C’est viscéral
Je dois bien sûr me demander
Si c’est pas toi qu’ est écrabouillé
Si je fais du vélo
J’peux pas m’en empêcher
C’est viscéral
J’ose jamais me retourner
J’ai peur de me fracasser le nez
Mais qu’est-ce qui cloche ?
Qu’est-c’qu’y a dans ma foutue caboche ?
Ça y est j’ai l’cœur qui croasse
C’est encore mes putain d’angoisses
J’aime pas conduire dans la nature
J’peux pas m’en empêcher
C’est viscéral
J’pardonnerais pas à ma voiture
De rouler sur un pauvre animal
Ces peurs-là sont petites
J’peux pas m’en empêcher
C’est viscéral
D’en avoir d’autres métaphysiques
Sur la vie la mort la mécanique
Mais qu’est-ce qui cloche ?
Qu’est-c’qu’y a dans ma foutue caboche ?
Ça y est j’ai l’cœur qui croasse
C’est encore mes putain d’angoisses
Pour soigner mes angoisses
J’ai tout essayé
C’est pas banal
Les algues et les huiles essentielles
La sophrologie et l’yoga
Le karaté la capueira
Le dormicum et la vodka
J’suis incurable je crois
J’suis incurable je crois
J’suis incurable je crois
Les petits bonheurs
Les petits bonheurs
Je chante les petits bonheurs
Les bouts de rien
Moments de bien
Je chante les petits bonheurs
Petits sourires au coin du cœur
C’est respirer l’odeur de l’herbe
Quand elle vient d’être coupée
Mettre un peu de soleil en gerbe
Pour le regarder briller
Se faire un masque de concombre
Avec des pépins sur le nez
Une douche froide sur des jambes
Brûlantes d’avoir trop marché
Remplir sa tête d’un ciel qui flambe
Ou d’une nuit étoilée
Et crépite un feu qui rassemble
Pour passer la nuit à chanter
Je chante les petits bonheurs
Les bouts de rien
Moments de bien
Je chante les petits bonheurs
Petits sourires au coin du cœur
Faire la traque aux bêtes aux blattes
Ecraser un vilain moustique
Se gratter là où ça nous gratte
Couper l’étiquette qui pique
Se masser un peu l’omoplate
Avec des huiles aromatiques
Savourer un peu le silence
S’offrir un moment de repos
Lire un bouquin, noire un thé chaud
Sur une chaise qui se balance
Et ouis retomber en enfance
Devant une tarte aux pruneaux
Je chante les petits bonheurs
Les bouts de rien
Moments de bien
Je chante les petits bonheurs
Petits sourires au coin du cœur
La vieille
La vieille
Elle ne sort presque plus de chez elle
La vieille
Ses jambes ne la portent plus bien
Son cœur s’essouffle pour un rien
Et si l’ascenseur tombe en panne
Même si elle s’appuie sur sa canne
Elle mettra une heure à remonter
Pensant mourir dans l’escalier
C’est à la f’nêtre qu’elle prend l’soleil
La vieille
Elle a des cheveux d’ange tout blancs
La vieille
Elle met sous ses robes à fleurs
Une gaine ,un corset, un jupon
Comme au temps des jours meilleurs
Quand elle dansait sous les lampions
Mais doit mettre des bas anti-varices
Impossibles à enfiler
Bienvenue à l’âge des vieilles
La vieille
Elle sait comment tuer l’ennui
La vieille
Depuis que son chat est parti
Rejoindre Monsieur au Paradis
Les heures sont longues à s’égrener
Heureusement qu’il y a la télé
Entre les jeux et Top Models
On peut y passer la journée
Manque le matou dans sa corbeille
La vieille
Elle aime avoir de la visite
La vieille
L’infirmière vient une fois la semaine
Pour les pastilles et la tension
Dommage mais c’est jamais la même
Et boire le thé elles ont pas le temps
Ses enfants parfois le dimanche
L’emmènent manger au restaurant
Mais elle a plus le goût pareil
La vieille
Elle est sensible changements de temps
La vieille
Elle aime pas quand il fait trop chaud
Ça lui fait gonfler les chevilles
Et quand il neige en février
Se pelotonne sur son canapé
En se souvenant du bon temps
Quand elle dansait dans les flocons
Bientôt viendra le grand sommeil
La vieille
